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Témoignage : à la rencontre d’un ancien de l’IAE DIJON

Alexandre Bastard, diplômé du master Administration des Entreprises de l’IAE DIJON, a créé son entreprise, il nous raconte son expérience.

Pouvez-vous nous parler de votre parcours ?

J’ai fait un parcours scientifique en biologie, puis biochimie, puis sciences des aliments pour me spécialiser ensuite en œnologie. J’ai fait un doctorat en œnologie en alternance avec le master Administration des Entreprises de l’IAE DIJON. C’est le dispositif Jeune Chercheur Entrepreneur qui a été mis en place par le Conseil Régional de Bourgogne qui m’a permis d’avoir cette double compétence à la fois de chercheur mais aussi de m’ouvrir sur le monde de l’entreprise.

Le master Administration des Entreprises m’a donné toutes les clés pour comprendre comment fonctionne une entreprise et m’a permis de savoir que mon projet était envisageable.

J’ai complété cette formation, dans le cadre aussi du dispositif Jeune Chercheur Entrepreneur, avec les formations PREMICE, l’incubateur en lien entre la région Bourgogne et l’Université de Bourgogne. Son but est de faire sortir des technologies des laboratoires pour que les projets se transforment en entreprises. Vitavinum a été incubé pendant une année chez PREMICE avant de voir le jour le 20 mars 2017, une fois que tous les indicateurs étaient au vert.

 

Pourquoi avez-vous choisi le master Administration des Entreprises de l’IAE DIJON ?

J’ai choisi le dispositif Jeune Chercheur Entrepreneur parce qu’il proposait de suivre le master Administration des Entreprises de l’IAE DIJON en parallèle de la thèse.

C’était inconcevable pour moi de ne pas avoir des notions de gestion et je voulais comprendre comment une entreprise fonctionnait de l’intérieur et pouvoir gérer un projet en connaissance de cause.

Quand on pilote un projet, on n’est pas uniquement dans le domaine scientifique ou technique, on gère aussi de l’humain, un budget… Il y a énormément de choses à connaître qui m’ont été enseignées au cours du master Administration des Entreprises.

 

Comment vous est venue l’idée de fonder Vitavinum ?

En deux mot, Vitavinum c’est la rencontre entre le monde du vin et le monde du numérique. L’entreprise est née du constat que j’ai fait au début de ma thèse alors que je découvrais le monde du vin : malgré un ancrage culturel fort, le vin demeure un domaine difficile à appréhender pour la plupart des français.

Je veux décomplexer les gens dans leur approche du vin,  créer quelque chose de simple qui permette de les accompagner, dans un premier temps pour le choix du vin.

Le but est de rendre accessible la culture du vin en conseillant le consommateur sur la référence adaptée à son occasion. Souvent dans un rayon de supermarché on est perdu, on ne sait jamais quoi acheter. Notre technologie peut donner un profil sensoriel à n’importe quel type de vin disponible dans le commerce. On le qualifie et on associe ce profil sensoriel avec ce qu’on appelle une occasion de dégustation :

  • Avec qui allez-vous déguster le vin ? (Amis, famille, collègues…)
  • Pour quelle occasion ? (Apéritif, repas, cadeau à offrir…)
  • Quand ?

En quelques clics, l’occasion de dégustation est alors définie, on scanne l’ensemble de la gamme disponible et on choisit le vin le plus pertinent parmi cette gamme.

En résumé on associe l’occasion du consommateur avec la gamme du distributeur. Cela peut être un supermarché, un caviste, un vigneron, on s’adapte à tout type de gamme.

 

Concrètement, comment ça marche ?

Nos clients sont les distributeurs qui proposent notre service gratuitement à leurs consommateurs.

On propose une solution sur mesure aux distributeurs, on s’adapte à leur gamme et on l’analyse en temps réel.

En fonction de leur stock, on propose au consommateur uniquement les bouteilles qui sont dans le rayon devant lui. On donne une référence précise en suggestion principale et on propose des suggestions alternatives.

Au niveau du support, on travaille avec des interfaces tactiles qui sont connectées à internet. Cela peut être une tablette, une borne, une table tactile, un smartphone, on s’adapte en fonction de l’environnement, de notre client et des utilisateurs.

Cette technologie est modulable pour s’adapter à tout type de point de vente.

On a une base de données et un algorithme qui nous permettent d’attribuer un profil sensoriel à n’importe quel type de vin. On scanne un vin,  on sait immédiatement de quelle région il vient, dans quel millésime, quel cépage et quel type de vinification. On assemble cela et on reconstitue son profil sensoriel. Quand on l’associe avec une occasion de dégustation, on utilise un deuxième algorithme qui permet de déterminer quel vin correspond à quel contexte.

 

Selon vous, quelles sont les qualités pour devenir entrepreneur ?

 

Pour moi, la plus grande qualité est la polyvalence. C’est le mot clé pour moi.

Ensuite, la deuxième qualité à avoir, selon moi, serait la persévérance. Il faut que l’ambition soit motrice. Il y a toujours des hauts et des bas comme dans chaque projet, chaque vie professionnelle, mais il ne faut pas laisser tomber. C’est le danger et c’est important d’avoir une équipe pour y parvenir. Il ne faut pas être seul.

Il faut aussi arriver à rester simple et à trouver des solutions simples. C’est plus facile de trouver quelque chose de compliqué, de complexe qui est long à mettre en œuvre. Le plus dur c’est de simplifier, de rationnaliser et de trouver quelque chose de très simple, impactant et court.

 

Pouvez-vous nous décrire une journée type ?

Je n’ai pas vraiment de journée type. J’ai plusieurs dossiers par jour à régler : un dossier qui est plus technique, un dossier plus commercial, un dossier plus juridique, financier, de communication, etc. Ma journée est découpée en plusieurs phases. Je dois jongler entre les dossiers et pouvoir tout de suite trouver rapidement des solutions simples qui nous permettent d’avancer.

 

Quel(s) conseil(s) donneriez-vous aux futurs diplômés du master Management et Administrations des Entreprises ?

  • Trouvez une équipe qui ne vous ressemble pas ! Il faut des membres d’équipe qui ne soient pas dans la même promotion que vous. Il vaut mieux que l’équipe soit mixte. La communication au sein de l’équipe est essentielle, c’est le ciment.
  • Lancez-vous juste après les études. N’attendez pas d’avoir trouvé un CDI pour regretter, 10 ans plus tard, de ne pas vous être lancé.
  • L’argent n’est pas un problème, on ne le dit pas forcément assez. Il y a actuellement un terreau très favorable à la création d’entreprise en France et en Bourgogne notamment. C’est impressionnant. Il y a énormément d’institutions qui permettent de faire des prêts à taux 0 ou des avances remboursables, des subventions, etc.
  • Il faut savoir aussi que l’idée de départ n’est jamais l’idée finale. Il ne faut pas en avoir peur. L’idée de départ peu être ridicule mais le fait d’avoir une équipe et d’avoir fait des études de marché réoriente l’idée vers quelque chose de plus concret.
  • Il ne faut pas non plus avoir peur soit de ne pas avoir d’idée soit que quelqu’un ait la même idée que nous. Quelqu’un a forcément déjà eu la même idée que nous il y a  10 ans ou même 2 mois, c’est la façon dont on la gère qui est différente.
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